lundi 3 octobre 2022

Otuđenost 21/25

Lor.A, 2022, Croatie
Fusain et pierre noire
, 112cm x 76cm

Otuđenost 21/25 se définit comme une pièce d'agitation: Un hors du temps où le rapport au monde se mue en résistance aux sens, et où le trait affirmé, semblable à une tangente pourvue de conscience, propulse l'observateur dans un hors-champ mystique. Alors que nos certitudes sont mises en balance, telle une féérie zodiacale, Otuđenost 21/25 provoque et questionne, redéfinit les frontières entre libre-arbitre et prédestination, s'affranchit du décorum et des garde-fous, pour assener une diatribe acide à l'encontre d'une civilisation qui s'engourdit. Par une œuvre aux accents prophétiques, Lor.A, tel un dard acéré mû d'une énergie salvatrice, assène un coup aux évidences. Déconstruction de nos certitudes, avilissement de l'âme collective...Quand la quête obsessionnelle de la sagesse se découvre en une œuvre graphique à la puissance sourde, c'est tout l’écosystème de la discipline qui s'en trouve bouleversé.


lundi 26 juillet 2021

Génocide 024

Teebo, 2021, France
Photographie, 160cm x 120cm

S'érigeant en porte-drapeau militant de l'Arte Revolucionaria, Teebo transcende les phobies hygiénistes et bouscule la bienséance d'une société toute acquise à une banalisation prophétique de la lutte des classes. Génocide 024 structure un espace d'oppositions, entremêlant couleurs primaires et agonies diptères dans un ballet enivrant où lignes de fuite se mêlent aux lignes de vie(s): Se jouer des diktats pour nous asséner une anamnèse révolutionnaire venant hanter notre présent et déconstruire les projections d'un futur bourgeois, telle est la brutalité du message. Assemblage d'insectes figés dans leur solennité comme projet sociétal supposé, dédramatisation du passage vers l'au-delà en contrepoint d'un projet léniniste aux accents hiératiques...Teebo nous harangue, poing levé, et nous interpelle sur  l'instrumentalisation nécessaire du genre humain. Véritable manifeste où idéologies et formes géométriques vont de pair, Génocide 024 intrigue et chahute jusqu'au point de rupture, quand le chaos enfin se mue en un apaisement inamissible.





mercredi 21 août 2019

L'appétit du bonheur


Igmar de Bé, 2019, France
Métal et alliages, 165cm x 70cm

Reléguant Duchamp et un apathique mouvement "ready-made" dans les obscurs tréfonds d'un art désuet, "L'appétit du bonheur" tout d'abord éblouit par sa masse et son volume, pour ensuite légitimement nous interroger: si de la matière naît une révolte fugitive, ces quatre dards, pointés vers le ciel mais fermement amarrés, ne sont t'il pas simplement l'expression mélancolique d'un fatalisme cyclique et redondant? Alchimie des textures, fusion des matériaux et glorification d'une contestation post-industrielle, Igmar de Bé lance ici un cri hybride, à la fois fort et sourd, à destination d'une société casanière, enfermée dans son inaptitude à assimiler les antinomies, leur intimant de transcender les paradoxes nuisant à la compréhension de son art. Ce qu'il réussit au travers de cette œuvre avec brio.

mercredi 14 août 2019

Unity in Strengh

Mark Sensry, 2011, USA
Photographie, 60cm x 80cm

Doté d'un rare talent pourtant dénigré sous nos latitudes (très "euro-conformistes"), Mark Sensry révolutionne l'art photographique, et remet à plat les fondements du cadre et de la composition. Enfin affranchi de l'obsolète règle des tiers, Unity in Strengh semble dérouler une narration d'abord froide et immaculée, qui invariablement se mue en une invitation sucrée au voyage, à la baguenaude et à la sexualité. Quid d'un tel antagonisme pour formaliser des similarités fantasmées, jouer de l'anatomie, pour en faire in fine un factum sur une sensualité primale que l'on veut escamoter? Tourbillon des sens, conflit de la morale et échappatoire salvateur, Mark Sensry ici nous offre une œuvre majeure dont la charge érotique ne saura laisser de marbre quiconque se laissera emporter...



lundi 12 août 2019

Divisions par temps clair, variation

Maximee, 2016, Belgique
Peinture sur toile, 160cm x 100cm

Maximee, artiste belge plurimédias engagé, se joue des contraintes et palettes que la toile lui impose. L'iniquité d'une géométrie jamais remise en question par les dogmes et convention, est pour lui matière à l'épanouissement brut, quasi animal. Quand la disparité se fait norme, Maximee apprivoise les clair-obscurs, fait siennes les luttes de divisions de l'espace. A coup de traces nerveuses, méticuleusement agencées en teintes voyantes, il fait naître une œuvre solaire, qui parvient même, de par sa puissance, à caresser l'âme du béotien ou le cœur du profane. Quel plus bel exemple que "Divisions par temps clair, variation" pour nous compter cette eurythmie bichromique? Par son amour de la décomposition spatiale et du jeu chromatique, Maximee ici nous enseigne, avec humilité, que la pondération dans l'art jamais ne fait foi.





mardi 3 mai 2016

Rot-Gelbanza

Max Shenmann, 2016, Allemagne
Plastique, métal, 40cm x 40cm

Shenmann signe en 2016 un retour attendu, et nous offre à voir une pièce chargée de sens, où le dépouillement de la sphère comprime les ostracismes, joue sur les peurs primales, la claustrophobie et l'isolement pour confronter nos propres angoisses. Tandis que Shenmann affirme que "face au cloisonnement, l'Homme opposera toujours la quête individuelle d'élévation", il nous suffit de contempler la transposition de ce message universel dans une œuvre surprenante, ode à la diversité et à l'audace, pour saisir l'invitation à s'affranchir de ces carcans impalpables et enfin céder à nos pulsions d'évasion. D'un contenant où la transparence n'offre qu'une illusion de libre arbitre, le jaillissement de couleurs vives, inattendues, comme autant de marqueurs d'émancipation ne peuvent que lui donner raison.

mercredi 27 avril 2016

Huit carreaux

Piotr Fernal, 2011, Luxembourg
Céramique, 300cm x 150cm

Fernal nous subjugue, Fernal nous transporte, nous propulse hors des canons érigeant les palettes chromatiques vibrantes en norme sine qua non de l'"art" du 21e siècle. Comment ne pas être séduit par la pureté de cette superposition séraphique aux proportions sublimant le nombre d'or, et d'une gradation de teintes parfaite? Une répétition des géométries, deux nuances complémentaires de gris au service d'un acte d'affirmation fort... telle est la conviction de Fernal : le dépouillement, la division et la compartimentation complètent et subliment l'aspect monolithique, et les textures froides de la céramique magnifient l'ancrage dans la réalité d'une œuvre aux vues célestes. En effet, aucun carreau n'est superflu, et la complémentarité née de la disposition de l'assemblage amène lentement le spectateur aux frontière de l'ataraxie. Sérénité, rigidité assumée mais transgressée au service d'une recherche d'unité comme message d'espérance, Huit carreaux démontre avec brio qu'il est possible de s'affranchir du carcan de la couleur pour signer une œuvre résolument contemporaine.