Affichage des articles dont le libellé est installation. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est installation. Afficher tous les articles

mardi 30 avril 2024

Time is persistence

Freddy Callahan, 2024, Belgique
Sable, matériaux divers
, 460cm x 710cm

"Time is persistence" est certes une installation éphémère que les profanes accueilleront avec circonspection. Mais qui connaît les fondements de la mécanique quantique se laissera emporter par la force de cette œuvre unique. D'un assemblage monochromatique appelant les théories du chaos, Freddy Callahan nous propulse, tel un grain de sable, dans une matrice post-temporelle, où le temps semble s'ankyloser. D'une trompeuse simplicité, cette pièce massive exposée au parc du Cinquantenaire de Bruxelles nous met face à nos dogmes et croyances. Le temps qui passe se mue t'il en amas d'instants prédéterminés? Quand l'agrégat se fait combat, quand l'éphémère et l'intangible prennent forme, c'est la déambulation du spectateur qui est prise en otage, ouvrant avec lui (et pour lui) de nouveaux champs de réflexion.





mercredi 21 août 2019

L'appétit du bonheur


Igmar de Bé, 2019, France
Métal et alliages, 165cm x 70cm

Reléguant Duchamp et un apathique mouvement "ready-made" dans les obscurs tréfonds d'un art désuet, "L'appétit du bonheur" tout d'abord éblouit par sa masse et son volume, pour ensuite légitimement nous interroger: si de la matière naît une révolte fugitive, ces quatre dards, pointés vers le ciel mais fermement amarrés, ne sont t'il pas simplement l'expression mélancolique d'un fatalisme cyclique et redondant? Alchimie des textures, fusion des matériaux et glorification d'une contestation post-industrielle, Igmar de Bé lance ici un cri hybride, à la fois fort et sourd, à destination d'une société casanière, enfermée dans son inaptitude à assimiler les antinomies, leur intimant de transcender les paradoxes nuisant à la compréhension de son art. Ce qu'il réussit au travers de cette œuvre avec brio.

mercredi 27 avril 2016

Huit carreaux

Piotr Fernal, 2011, Luxembourg
Céramique, 300cm x 150cm

Fernal nous subjugue, Fernal nous transporte, nous propulse hors des canons érigeant les palettes chromatiques vibrantes en norme sine qua non de l'"art" du 21e siècle. Comment ne pas être séduit par la pureté de cette superposition séraphique aux proportions sublimant le nombre d'or, et d'une gradation de teintes parfaite? Une répétition des géométries, deux nuances complémentaires de gris au service d'un acte d'affirmation fort... telle est la conviction de Fernal : le dépouillement, la division et la compartimentation complètent et subliment l'aspect monolithique, et les textures froides de la céramique magnifient l'ancrage dans la réalité d'une œuvre aux vues célestes. En effet, aucun carreau n'est superflu, et la complémentarité née de la disposition de l'assemblage amène lentement le spectateur aux frontière de l'ataraxie. Sérénité, rigidité assumée mais transgressée au service d'une recherche d'unité comme message d'espérance, Huit carreaux démontre avec brio qu'il est possible de s'affranchir du carcan de la couleur pour signer une œuvre résolument contemporaine.





mercredi 11 juillet 2012

Kinetikko, bei Anbruch des Tages

Nina Fenerma, 2012, Allemagne
Matières organiques, 120cmx150

"Kinetikko, bei Anbruch des Tages" (à l'aube du jour), sculpture cinétique éphémère, peut dérouter le profane, par la complexité des directions où Nina Fenerma cherche à nous transporter. Kinetikko, se joue subtilement de la gravité et des oscillations de son environnement proche (à l'opposé des oeuvres de Theo Jansen utilisant le vent), pour faire naître le mouvement. Subtil momentum, où verticalité, rythme et chaos fusionnent : C'est à cet instant qu'il faut rompre avec la première lecture de l'oeuvre et le message éco-responsable si évident, pour se laisser prendre par la main par l'artiste, et se laisser entrainer dans une dimension plurielle. S'affranchir des marqueurs référentiels de la société de consommation, fuir les réalités d'une obsolescence programmée et l'inhérente et implacable marche du progrès, pour enfin accepter sa place dans un repère espace/temps jugé acceptable par ses pairs au travers du mouvement...et y laisser son empreinte. Un message impactant contenu tout entier dans une oeuvre réduite à sa plus simple expression, telle est la force de Nina Fenerma.





mardi 21 septembre 2010

Rétrospective OOrigashi, Japon

Galerie Nel-izen, Kyoto, Japon
Du 14 septembre au 20 décembre 2010

OOrigashi (1962 - ) est un artiste inqualifiable, tant le champ d'expression de ses travaux est vaste. Tantôt partisan d'une mise en espace formelle et revendicative ("oxymoreum",1998 et "room for two in Versailles", 2010), il saura au travers de travaux photographiques plus intimistes tels que "life on 2 square centimeters" (1991) définir les frontières d'une abstraction monochromatique patiemment recherchée. Influencé par le travail de son compatriote Takashi Murakami (né la même année que lui), OOrigashi se définit surtout dans des installations éphémères, parfois multicolores, où formes essentielles se mêlent aux matériaux les plus complexes et inattendus...Ces installations, que l'artiste définit comme de "savantes compositions, en point de fuite d'une recherche de la perfection", ouvrent des pistes de réflexion majeures pour qui s'intéresse à l'art contemporain au pays du soleil levant.
Cette rétrospective (voir photo) met en valeur de nombreux travaux de la série "canicule+/canicule-" qui l'a fait connaître au début des années 70.

jeudi 9 septembre 2010

Printakana 101110

Armand&Armand, 1998, France
Acier, plastique, papier, matériaux divers 40cmx110cm

Au delà du procédé, toute la précision du travail de Armand&Armand, insufflée dans une composition incisive, nous offre ici une opposition formelle au dogme de l'inertie admise des objets. C'est le principe de la fonction par rapport à l'idée, de l'âme face à la matière, qui sont ici mis en perspective. Un regard sacrilège et inédit, dérivant dans une perspective anthropomorphique, nous questionne sur le rapport ambigüe et douloureux que l'homme entretient avec la technologie.  Par cette ultime résistance aux consciences subjectives, Armand&Armand entend démontrer que la profondeur de l'humanité n'est peut-être pas l'apanage des seuls êtres de chair et de sang, et qu'il est temps de renouveler certains schémas de pensée. Une œuvre fascinante pour qui saura s'affranchir d'une lecture au premier degré.

jeudi 12 août 2010

nostalgicana

Jo, 2008, France
Acier, plastique, 15cmx40cm

Jo, jeune artiste parisien, entend, par la mise en espace épurée de ses travaux, "redéfinir l'exubérance du vide et rétablir l'harmonie du plein" (propos de l'artiste). En digne héritier des maîtres de l'Arte Povera, il signe avec Nostalgicana, en forme de clin d'oeil iconoclaste, le retour aux valeurs essentielles d'un certain dépouillement. Pour qui est confronté à une installation d'une telle puissance, de pensées furtives, divisées, noyées dans l'acier, naît à coup sûr une contemplation hypnotique. Division des formes, écarts chromatiques, asymétrie préservée : un aller simple vers un minimalisme assumé...pour le plus grand plaisir du public.

lundi 26 juillet 2010

Rahan 220

Collectif Mandarum, 2001, France
Acier, ivoire, noix, matières diverses. 30cm x 40cm

D'un subtil mais quasi-improbable assemblage d'objets et de matières naît toute l'énigme de la vie et du hasard. Là où certains ne sauront percevoir qu'un hommage contemplatif au neuvième art et aux dessins de Cheret, d'autres verront dans cette oeuvre basée sur un coutelas identique à celui arboré par le "fils des âges farouches", une ode puissante à la destinée. Mise en perspective de nos vies, frileuses réflexions idiosyncrasiques, qui conduisent à la réalisation d'un schéma d'existence. Ou d'existences multiples, semble nous dire le Collectif Mandarum...

lundi 12 juillet 2010

Kurt Cobain numéro 47

Collectif Mandarum, 1999, France
Verre, papier imprimé, eau, acier. 12cm x 30cm

Le Collectif Mandarum, issu de l'école régionale des beaux-arts de Besançon (France) est un rassemblement d'artistes prolifiques, oeuvrant à la "démocratisation de l'art par la désacralisation des artefacts du monde moderne". Cette oeuvre numérotée 47 atteint avec brio le paroxysme d'un illusionnisme burlesque et salvateur.  D'une démarche iconoclaste comme moteur de création, aux antipodes de la vénération des colifichets, c'est ici tout un rapport au temps et à la désillusion de l'existence qui s'exprime. De cette confrontation entre le renouveau suggéré de l'univers aquatique et le macabre naît une pièce inédite et bipolaire qui réussit à ne jamais tomber dans la vulgarité ou une banalité béotienne qui sied souvent aux oeuvres explorant un tel registre.

vendredi 2 juillet 2010

Défense de stationner

Hervé Surin, 2010, Suisse
Contreplaqué, bois. 220cm x 330cm

Par cette oeuvre magistrale et néoclassique, Hervé Surin signe ici, selon ses propres mots, "un hommage brut et affirmé à Fiona Banner" (NDLR: exposant en ce moment "Harrier and Jaguar" à la Tate Britain, Londres). La puissance de la verticalité induit ici une lecture à plusieurs dimensions : tel un échafaudage d'impressions s'unissant dans une force quasi mystique, cette oeuvre nous livre un pamphlet visuel d'une rare pertinence contre les moyens de locomotion modernes, catalyseurs des maux d'une socièté léthargique et repliée sur un confort futile et éphémère. Rarement artiste n'a souhaité définir un territoire aussi radical, où les mots empruntés à notre quotidien, faussement innocents, les textures et les matériaux s'entrechoquent jusqu'à bouleverser et redéfinir avec violence notre relation au réel et à l'automobile.


jeudi 24 juin 2010

calypso-facto

Bert Chemg, 2009, Autriche
Acier, bois, cuir. 40cm x 60cm

Chemg s’est livré au hasard d’une lecture directe de son moi intérieur. Plus qu’un résumé, un témoignage : l’essentiel simplifié d'une vie intérieure ! Partant de bribes de souvenirs d'enfance, il nous livre une pièce aboutie et ironique, symbole d’un monde à lui dans lequel il n’est lui-même qu’immergé. Calypso facto est une oeuvre instructive, l'installation en elle-même n’étant que le prétexte, finalement, la justification d’un vécu antérieur -Chemg à commençé la peinture vers l'âge de 16 ans-.
L'acceptation de son image projetée dans le monde a été le révélateur pour cet artiste hors normes qui nous gratifie ici d'une oeuvre intimiste...

dimanche 20 juin 2010

rond0 venez1an0

Misha Marzinsky, 2006, Slovaquie
verre, plastique et acier. 25cm x 30cm

"La danse des sentiments, la valse des émotions, dans une grande explosion d'impressions confinant au sublime" C'est par ces mots que Marzinsky décrit son oeuvre, hommage intemporel aux relations humaines, socle d'une société en perpétuel questionnement.