Affichage des articles dont le libellé est sculpture. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est sculpture. Afficher tous les articles

lundi 2 janvier 2023

Huit Quatre Quatre

Michel-Alain Henry, 2017, France
Metal et aluminim
, 16cm x 23cm

Avec Huit Quatre Quatre, pièce majeure où l'estampage métallique se pare de couleurs vives, Michel-Alain Henry matérialise savamment la poésie arithmétique. L'apparente simplicité des additions se mue en soustractions plurielles, énonçant, pour qui saura dénouer le fil de la brutalité géométrique, les bases d'un théorème aux accents intimistes. Un rouge écarlate enlaçant des variations de gris, pour rompre les antagonismes chromatiques, nous rapproche d'un idéal maintes fois théorisé, mais rarement mis en volume de façon aussi juste. Quand la résilience se fait vertu, quand la probité se fait prétexte, alors peut-on  embrasser le registre de la transgression, guidés par cette œuvre quasi monolithique. Absences coordonnées, ordonnance verticale et neutralité numérique, Huit Quatre Quatre ose se jouer des parités naïves pour matérialiser une cathédrale des nonchalances primales, et enfin estomper les frontières de la morale. 


mercredi 21 août 2019

L'appétit du bonheur


Igmar de Bé, 2019, France
Métal et alliages, 165cm x 70cm

Reléguant Duchamp et un apathique mouvement "ready-made" dans les obscurs tréfonds d'un art désuet, "L'appétit du bonheur" tout d'abord éblouit par sa masse et son volume, pour ensuite légitimement nous interroger: si de la matière naît une révolte fugitive, ces quatre dards, pointés vers le ciel mais fermement amarrés, ne sont t'il pas simplement l'expression mélancolique d'un fatalisme cyclique et redondant? Alchimie des textures, fusion des matériaux et glorification d'une contestation post-industrielle, Igmar de Bé lance ici un cri hybride, à la fois fort et sourd, à destination d'une société casanière, enfermée dans son inaptitude à assimiler les antinomies, leur intimant de transcender les paradoxes nuisant à la compréhension de son art. Ce qu'il réussit au travers de cette œuvre avec brio.

mardi 3 mai 2016

Rot-Gelbanza

Max Shenmann, 2016, Allemagne
Plastique, métal, 40cm x 40cm

Shenmann signe en 2016 un retour attendu, et nous offre à voir une pièce chargée de sens, où le dépouillement de la sphère comprime les ostracismes, joue sur les peurs primales, la claustrophobie et l'isolement pour confronter nos propres angoisses. Tandis que Shenmann affirme que "face au cloisonnement, l'Homme opposera toujours la quête individuelle d'élévation", il nous suffit de contempler la transposition de ce message universel dans une œuvre surprenante, ode à la diversité et à l'audace, pour saisir l'invitation à s'affranchir de ces carcans impalpables et enfin céder à nos pulsions d'évasion. D'un contenant où la transparence n'offre qu'une illusion de libre arbitre, le jaillissement de couleurs vives, inattendues, comme autant de marqueurs d'émancipation ne peuvent que lui donner raison.

mercredi 27 avril 2016

Huit carreaux

Piotr Fernal, 2011, Luxembourg
Céramique, 300cm x 150cm

Fernal nous subjugue, Fernal nous transporte, nous propulse hors des canons érigeant les palettes chromatiques vibrantes en norme sine qua non de l'"art" du 21e siècle. Comment ne pas être séduit par la pureté de cette superposition séraphique aux proportions sublimant le nombre d'or, et d'une gradation de teintes parfaite? Une répétition des géométries, deux nuances complémentaires de gris au service d'un acte d'affirmation fort... telle est la conviction de Fernal : le dépouillement, la division et la compartimentation complètent et subliment l'aspect monolithique, et les textures froides de la céramique magnifient l'ancrage dans la réalité d'une œuvre aux vues célestes. En effet, aucun carreau n'est superflu, et la complémentarité née de la disposition de l'assemblage amène lentement le spectateur aux frontière de l'ataraxie. Sérénité, rigidité assumée mais transgressée au service d'une recherche d'unité comme message d'espérance, Huit carreaux démontre avec brio qu'il est possible de s'affranchir du carcan de la couleur pour signer une œuvre résolument contemporaine.





jeudi 3 avril 2014

fluxus:Fatalität


Max Shenmann, 2014, Allemagne
Bois, corde, matériaux divers, 30cm x 30cm

Au sommet de son art, Shenmann offre ici au regard une installation en forme d'hommage détourné au mouvement Fluxus. Aphorisme savant, la dualité de sous-ensembles de fluxus:Fatalität parvient à doucement lever les réticences nées de son minimalisme. Matériaux bruts, organiques, habilement liés, qui nous transportent au contact d'une nature de plus en plus cloisonnée... Toute la pertinence du propos de Max Shenmann, ses réflexions, comme autant de cordages enserrant non seulement quelques brindilles, mais aussi nos sentiments, incite à la résistance, au retour aux valeurs primaires, terrestres. Approche métonymique ou distanciation face aux éléments qui nous entourent, nous précèdent et nous survivent, élans volontaristes et diversifiés vers une nature acquise, mais à redécouvrir...toute la puissance de cette oeuvre tient en un mot : réconciliation.


mardi 21 mai 2013

Dispersion (700/4500)

Chrizstof Letoof, 2013, France
Bois, 250cmx180

"Dispersion (700/4500)" est une oeuvre bidirectionnelle, où relief et textures s'entremêlent, où vagues et ondulations confrontent la géométrie du bois brut. Au delà du mouvement figé, tel un instantané, la structure vit au rythme de ses pleins et déliés. Letoof ne voit nullement ici un refus de la géométrie et du carcan cartésien, mais une "ode à l'aléatoire structuré, fruit d'une recherche combinatoire". Libre de faire sien le chemin tracé par l'artiste, de laisser déambuler le regard jusqu'à s'arrêter, tant sur une surface en retrait, tant sur une aspérité pour enfin saisir la musicalité visuelle de toute l'installation. Anoblissement des matériaux au travers d'une transcription visuelle audacieuse du rythme universel, harmonie des assemblages et digressions chromatiques arrangées, Letoof signe avec "Dispersion (700/4500)" une oeuvre aboutie, en accord avec son temps.



jeudi 21 février 2013

3 fois 42

Eric Sapassure, 2012, France
Aluminium et plastique, 40cmx50

Se définissant comme plasticien-mathématicien, Eric Sapassure affirme dans cette oeuvre de sa série "chiffromancie" (débutée en 2006) que l'art a vocation de théorème. Réflexion binaire sur un système décimal figé, rencontre du rationnel et de fugitives impressions, Eric Sapassure impressionne, usant jusqu'à la corde les algorithmes mis à sa disposition pour produire in fine une oeuvre majeure, axiome d'un art mathématique souvent méconnu. Subtil placement des chiffres, suites numériques ordonnées... tout aboutit à une démonstration parfaite, où le zéro final n'a plus valeur de résultat, mais ouvre bien un nouveau cycle de réflexion. 3 fois 42, au résultat d'apparence si évident, offre pourtant une équation intellectuelle à plusieurs inconnues où le spectateur saura amener la variable nécessaire à la bonne compréhension de l'oeuvre, pour faire sien le résultat obtenu.



mercredi 11 juillet 2012

Kinetikko, bei Anbruch des Tages

Nina Fenerma, 2012, Allemagne
Matières organiques, 120cmx150

"Kinetikko, bei Anbruch des Tages" (à l'aube du jour), sculpture cinétique éphémère, peut dérouter le profane, par la complexité des directions où Nina Fenerma cherche à nous transporter. Kinetikko, se joue subtilement de la gravité et des oscillations de son environnement proche (à l'opposé des oeuvres de Theo Jansen utilisant le vent), pour faire naître le mouvement. Subtil momentum, où verticalité, rythme et chaos fusionnent : C'est à cet instant qu'il faut rompre avec la première lecture de l'oeuvre et le message éco-responsable si évident, pour se laisser prendre par la main par l'artiste, et se laisser entrainer dans une dimension plurielle. S'affranchir des marqueurs référentiels de la société de consommation, fuir les réalités d'une obsolescence programmée et l'inhérente et implacable marche du progrès, pour enfin accepter sa place dans un repère espace/temps jugé acceptable par ses pairs au travers du mouvement...et y laisser son empreinte. Un message impactant contenu tout entier dans une oeuvre réduite à sa plus simple expression, telle est la force de Nina Fenerma.





vendredi 13 avril 2012

Fiuma-nâ

Wolfgang Armner, 2011, Allemagne
Bois, acier, verre, matériaux divers 40cmx25cm

Fiuma-nâ, paradigme intime d'un Armner aux prises avec un monde sombre et dangereux qu'il cherche à contenir (lire à ce sujet le manifeste "Weltanschauung 2000-2020 du même artiste, posant les bases de sa période noire), alerte, questionne, chacun d'entre nous. Bien que de dimensions modestes (comparé à ses précédents travaux), toute la force de la sculpture se joue en compressions et obstructions, limitées par ces cinq pans de verre, se posant tel un avertissement à Pandore. Notre schéma de pensée façonné au cours des siècles est-il universel? Comment contenir une noirceur en perpétuelle transformation? Cette oeuvre intemporelle d'un artiste résolument en prise avec son époque, nous est livrée sans épithète, brute de ténèbres. A chacun de se l'approprier et d'y enclaver ses propres démons.


jeudi 9 septembre 2010

Printakana 101110

Armand&Armand, 1998, France
Acier, plastique, papier, matériaux divers 40cmx110cm

Au delà du procédé, toute la précision du travail de Armand&Armand, insufflée dans une composition incisive, nous offre ici une opposition formelle au dogme de l'inertie admise des objets. C'est le principe de la fonction par rapport à l'idée, de l'âme face à la matière, qui sont ici mis en perspective. Un regard sacrilège et inédit, dérivant dans une perspective anthropomorphique, nous questionne sur le rapport ambigüe et douloureux que l'homme entretient avec la technologie.  Par cette ultime résistance aux consciences subjectives, Armand&Armand entend démontrer que la profondeur de l'humanité n'est peut-être pas l'apanage des seuls êtres de chair et de sang, et qu'il est temps de renouveler certains schémas de pensée. Une œuvre fascinante pour qui saura s'affranchir d'une lecture au premier degré.

jeudi 12 août 2010

nostalgicana

Jo, 2008, France
Acier, plastique, 15cmx40cm

Jo, jeune artiste parisien, entend, par la mise en espace épurée de ses travaux, "redéfinir l'exubérance du vide et rétablir l'harmonie du plein" (propos de l'artiste). En digne héritier des maîtres de l'Arte Povera, il signe avec Nostalgicana, en forme de clin d'oeil iconoclaste, le retour aux valeurs essentielles d'un certain dépouillement. Pour qui est confronté à une installation d'une telle puissance, de pensées furtives, divisées, noyées dans l'acier, naît à coup sûr une contemplation hypnotique. Division des formes, écarts chromatiques, asymétrie préservée : un aller simple vers un minimalisme assumé...pour le plus grand plaisir du public.

lundi 26 juillet 2010

Rahan 220

Collectif Mandarum, 2001, France
Acier, ivoire, noix, matières diverses. 30cm x 40cm

D'un subtil mais quasi-improbable assemblage d'objets et de matières naît toute l'énigme de la vie et du hasard. Là où certains ne sauront percevoir qu'un hommage contemplatif au neuvième art et aux dessins de Cheret, d'autres verront dans cette oeuvre basée sur un coutelas identique à celui arboré par le "fils des âges farouches", une ode puissante à la destinée. Mise en perspective de nos vies, frileuses réflexions idiosyncrasiques, qui conduisent à la réalisation d'un schéma d'existence. Ou d'existences multiples, semble nous dire le Collectif Mandarum...

mardi 20 juillet 2010

KosmoLenin

Anna Kirolevkova, Russie
Tissus, bois, carton. 35cm x 40cm

Kirolevkova redéfinit par son travail intimiste et pudique les séquelles de l'Histoire et son héritage formel. KosmoLenin, pièce fétiche de l'artiste, explore, au travers d'un champ d'évocations singulières teintées de nostalgie multi-temporelle, un mea-culpa collectif. D'objet hypothétique se morfondant sur un bleu profond que ne renierait pas Yves Klein, l'oeuvre se veut tout à la fois balise de transmission visuelle d'un éphémère savoir à l'attention des générations futures, mais aussi un catalyseur des sentiments, des espoirs et des regrets d'une civilisation figée à jamais dans le passé.

Son travail, récement exposé à la "Galerie 22" de Moscou, se présente dans un subtil mais étouffant jeu lumineux de clairs/obscurs (cf. photo), propice à bousculer notre vision archétypique d'un temps révolu.

jeudi 1 juillet 2010

ego light

Cesar Ignacio de la Vierza, 2010, Espagne
Métal, plastique, électricité. 80cm x 90cm

Approfondissant sa série "Proxima de Alpha", de la Vierza aborde ici, avec une puissance de questionnement qui lui est propre, les travers de l'affirmation de l'homme, la représentation trouble de son image. Au delà de la banalisation du mythe de l'ego retrouvé, le refus de l'asservissement et la négation de l'appartenance au carcan sociétal moderne perturbent l'unicité du voyage initiatique. Quid du retour à la source et de sa relativité ? De l'affranchissement à la dualité homme/ego? Une austérité affichée et revendiquée...plus qu'une oeuvre, un réceptacle à émotions...L'exemple parfait de l'osmose entre l'artiste, la pureté de l'oeuvre et son public.

Cesar Ignacio de la Vierza expose à la galerie Vista Maga à Madrid, du 10 juin au 12 septembre 2010 sur le thème "Proxima de Alpha/Me Sera"

samedi 26 juin 2010

luminared on white

Mat Druand, 2009, France
Résine, plastique, plastiline. 20cm x 20 cm

Un ami critique d'art parisien renommé m'a fait découvrir cet artiste, Mat Druand, et l'ensemble de son oeuvre délicieusement spontanée et décalée. Luminared on white brouille avec saveur les codes surannés de la lecture chromatique binaire (qu'un profane pourrait innocemment mettre en avant), pour en faire une composition de rupture, toute en sous-entendus, où toute tentative de théorisation ne peut qu'échouer. On se surprend à évoluer aux interstices de l'univers de l'artiste, et l'on perd pied face à une description personnelle d'un univers dystopique, orwellien, savamment agencé : une cartographie des émotions refoulées qui provoque en nous un exquis vertige des sens.

Mat Druand a exposé oeuvres originales et photographies géantes lors de l'Art Fair two-dot-zero de Toronto en ce début d'année 2010. Le mélange audacieux de volumes et de leurs alter-égos verticaux a su surprendre et conquérir le public. Nous entendrons parler de cet artiste...


jeudi 24 juin 2010

alpha/alphamega

Cesar Ignacio de la Vierza, 2010, Espagne
Plastique, résine. 60cm x 60cm

D'un simple jeu de couleurs, de formes et de matières, de la Vierza parvient à balayer d'un revers de manche tous les paradigmes de manière instantanée ! Toute la puissance de sa sculpture, de la vision apocalyptique d'un monde gangrené par le culte de soi, à la représentation bestiale de la société industrielle, nous transporte et nous emmène vers un univers singulier, personnel. De l'alpha vers l'omega, tout n'est que sérénité retrouvée...ou devrait-on dire...de l'alpha vers...l'alphamega ?

Cesar Ignacio de la Vierza expose à la galerie Vista Maga à Madrid, du 10 juin au 12 septembre 2010 sur le thème "Proxima de Alpha/Me Sera"

calypso-facto

Bert Chemg, 2009, Autriche
Acier, bois, cuir. 40cm x 60cm

Chemg s’est livré au hasard d’une lecture directe de son moi intérieur. Plus qu’un résumé, un témoignage : l’essentiel simplifié d'une vie intérieure ! Partant de bribes de souvenirs d'enfance, il nous livre une pièce aboutie et ironique, symbole d’un monde à lui dans lequel il n’est lui-même qu’immergé. Calypso facto est une oeuvre instructive, l'installation en elle-même n’étant que le prétexte, finalement, la justification d’un vécu antérieur -Chemg à commençé la peinture vers l'âge de 16 ans-.
L'acceptation de son image projetée dans le monde a été le révélateur pour cet artiste hors normes qui nous gratifie ici d'une oeuvre intimiste...