jeudi 21 février 2013

3 fois 42

Eric Sapassure, 2012, France
Aluminium et plastique, 40cmx50

Se définissant comme plasticien-mathématicien, Eric Sapassure affirme dans cette oeuvre de sa série "chiffromancie" (débutée en 2006) que l'art a vocation de théorème. Réflexion binaire sur un système décimal figé, rencontre du rationnel et de fugitives impressions, Eric Sapassure impressionne, usant jusqu'à la corde les algorithmes mis à sa disposition pour produire in fine une oeuvre majeure, axiome d'un art mathématique souvent méconnu. Subtil placement des chiffres, suites numériques ordonnées... tout aboutit à une démonstration parfaite, où le zéro final n'a plus valeur de résultat, mais ouvre bien un nouveau cycle de réflexion. 3 fois 42, au résultat d'apparence si évident, offre pourtant une équation intellectuelle à plusieurs inconnues où le spectateur saura amener la variable nécessaire à la bonne compréhension de l'oeuvre, pour faire sien le résultat obtenu.



lundi 10 décembre 2012

H Prime

Harald Hennesson, 2012, Norvège
Peinture sur toile, 180cmx200

Libéré des préceptes du minimalisme, Harald Hennesson redéfinit dans H Prime les frontières de l'art contextuel cher à Jan Swidzinski, en y imprimant une lecture résolument novatrice (NDLA: qui ne manquera pas de faire clabauder certains puristes, cela va de soi). Miroir des ambitions, captation solennelle d'une quête vers une perfection accessible, cette oeuvre se veut, selon l'artiste, teintée d'un "optimisme impartial" ouvrant un champ des possibles que seule "l'imagination du public saura révéler et glorifier" 
D'un univers bichromique, Hennesson fait jaillir une palette, non pas de couleurs, mais d'interrogations : de vaticinations en vagabondages de l'esprit, l'appropriation de l'oeuvre ne saura se faire qu'au rythme de sa découverte. Car ici, contrairement à d'autres oeuvres dont la lecture est plus accommodante, plus abordable, seule une volonté de communier avec les intentions de l'artiste permettra de faire jaillir la clairvoyance et l'implication nécessaire à la parfaite compréhension de H Prime.
Fluidité des lignes, géométrie contrôlée et inaboutissement assumé, H Prime se vit comme un parcours. Parcours initiatique, parcours intellectuel... mais parcours individuel, pour lequel Harald Hennesson sera votre guide.


jeudi 2 août 2012

Fragments

Kloé de Mézo, 2012, France
Peinture sur toile, 75cmx75

Révélation de ce milieu d'année 2012, Kloé de Mézo assume l'apparente simplicité bi-chromatique de son "Fragments", préférant valoriser la puissance de son symbolisme tiré de l'art pariétal. Alors que l'on peut se questionner sur l'interprétation et ses limites, cette poésie mise en peinture apporte un éclairage nouveau sur le rapport séculaire, conflictuel, que l'homme a toujours entretenu avec ses divinités. L'opposition qui fait naître la rencontre métamorphose, pour peu que l'on s'en donne la peine, une dualité en nécessaire réciprocité... D'une hésitation affirmée entre pesanteur et aérien, entre céleste et terrien, et alors que tout semble diviser, Kloé de Mézo, d'une simple touche de pinceau balaie les idolâtries et, à sa manière, ordonne le chaos.


mercredi 11 juillet 2012

Art is art is art is 3.30 maintenant sur Facebook


Car l'art se doit d'être accessible au plus grand nombre, retrouvez-nous sur Facebook à l'adresse suivante :
http://www.facebook.com/artIs330

Kinetikko, bei Anbruch des Tages

Nina Fenerma, 2012, Allemagne
Matières organiques, 120cmx150

"Kinetikko, bei Anbruch des Tages" (à l'aube du jour), sculpture cinétique éphémère, peut dérouter le profane, par la complexité des directions où Nina Fenerma cherche à nous transporter. Kinetikko, se joue subtilement de la gravité et des oscillations de son environnement proche (à l'opposé des oeuvres de Theo Jansen utilisant le vent), pour faire naître le mouvement. Subtil momentum, où verticalité, rythme et chaos fusionnent : C'est à cet instant qu'il faut rompre avec la première lecture de l'oeuvre et le message éco-responsable si évident, pour se laisser prendre par la main par l'artiste, et se laisser entrainer dans une dimension plurielle. S'affranchir des marqueurs référentiels de la société de consommation, fuir les réalités d'une obsolescence programmée et l'inhérente et implacable marche du progrès, pour enfin accepter sa place dans un repère espace/temps jugé acceptable par ses pairs au travers du mouvement...et y laisser son empreinte. Un message impactant contenu tout entier dans une oeuvre réduite à sa plus simple expression, telle est la force de Nina Fenerma.





jeudi 31 mai 2012

So is life

Pierre Fannard, 2011, France
Photographie, 100cmx350

"So is life" est un patchwork d'impressions, d'images fugaces et de ressentis, recueillis par l'artiste lors d'un voyage initiatique au Pérou en 2009, et retranscris en un triptyque audacieux. Audacieux car l'illusion de sérénité et de justes proportions, qui tout d'abord nous charme, se révèle ensuite être une ode à la déconstruction de la mise en lumière. Audacieux, car la diabolique maîtrise de la mise en relation entre perspective et profondeur, sait rompre la monotonie d'une nature morte en grand format. Audacieux enfin, car au delà d'une volonté d'ordonner et de rationaliser des sentiments intimes, Fannard réussit le tour de force de contenir la complexité d'une triple évocation d'un même et seul instant. Unité de temps et de lieu, justesse des interprétations et juxtapositions, "So is life" revêt tous les attributs d'une oeuvre majeure pour qui connaît le travail de l'artiste. D'abord pressenti pour la biennale de Berlin en 2012, Pierre Fannard exposera cette même année dans plusieurs galeries d'Amérique latine.


jeudi 10 mai 2012

KA

Armand&Armand, 2011, France
Vidéo, 1 minute 18 secondes.

Quittant son champ d'expérimentations plastiques habituel, Armand&Armand nous gratifie ici d'une oeuvre video d'une placide intensité, mise en abîme du temps et de la spiritualité. Telle une épiphanie suite aux visionnages des travaux de Nam June Paik (Corée), tel un hommage dissimulé à "Rousseau" et "Voltaire", l'artiste, dans un message court souhaite renvoyer en écho à l'humanité un message humaniste redéfinissant, l'espace d'une minute, l'unité visuelle d'un univers sombre et ténébreux. Alors qu'il ne suffit que de démultiplier les variations pour s'affranchir de la redondance, il nous offre ici "KA (le mangeur de temps)", un travail non normé et perturbant. Subtilité du message, pertinence du mouvement et du rythme...cette minute nous offre l'éternité.