jeudi 12 août 2010

nostalgicana

Jo, 2008, France
Acier, plastique, 15cmx40cm

Jo, jeune artiste parisien, entend, par la mise en espace épurée de ses travaux, "redéfinir l'exubérance du vide et rétablir l'harmonie du plein" (propos de l'artiste). En digne héritier des maîtres de l'Arte Povera, il signe avec Nostalgicana, en forme de clin d'oeil iconoclaste, le retour aux valeurs essentielles d'un certain dépouillement. Pour qui est confronté à une installation d'une telle puissance, de pensées furtives, divisées, noyées dans l'acier, naît à coup sûr une contemplation hypnotique. Division des formes, écarts chromatiques, asymétrie préservée : un aller simple vers un minimalisme assumé...pour le plus grand plaisir du public.

dimanche 1 août 2010

art/no art

Hervé Surin, 2008, Suisse
Photographies

Hervé Surin, artiste pluridisciplinaire ose ici mettre en image le questionnement sur les fondements de l'art. De cette perpétuelle interrogation, en forme de confrontation, se dessine l'universalité du message : la fragile frontière entre art et réalité, entre culture et savoir, se sublime, se dissout, jusqu'à ne laisser planer qu'une impression : celle d'une vérité si souvent acquise, aux contours si flous que seul l'esprit humain peut les figer, l'espace d'un instant. Selon Surin, "du refoulement de l'artiste naît l'incompréhension... et seuls une oeuvre forte et son pouvoir catharsique sauront l'aider à renforcer la symbiose avec son public". Cette analyse pertinente est à l'origine de la série "art/no art", présentée pour la première fois à la biennale photo de Carcassonne (France) en 2009.


lundi 26 juillet 2010

Rahan 220

Collectif Mandarum, 2001, France
Acier, ivoire, noix, matières diverses. 30cm x 40cm

D'un subtil mais quasi-improbable assemblage d'objets et de matières naît toute l'énigme de la vie et du hasard. Là où certains ne sauront percevoir qu'un hommage contemplatif au neuvième art et aux dessins de Cheret, d'autres verront dans cette oeuvre basée sur un coutelas identique à celui arboré par le "fils des âges farouches", une ode puissante à la destinée. Mise en perspective de nos vies, frileuses réflexions idiosyncrasiques, qui conduisent à la réalisation d'un schéma d'existence. Ou d'existences multiples, semble nous dire le Collectif Mandarum...

mardi 20 juillet 2010

KosmoLenin

Anna Kirolevkova, Russie
Tissus, bois, carton. 35cm x 40cm

Kirolevkova redéfinit par son travail intimiste et pudique les séquelles de l'Histoire et son héritage formel. KosmoLenin, pièce fétiche de l'artiste, explore, au travers d'un champ d'évocations singulières teintées de nostalgie multi-temporelle, un mea-culpa collectif. D'objet hypothétique se morfondant sur un bleu profond que ne renierait pas Yves Klein, l'oeuvre se veut tout à la fois balise de transmission visuelle d'un éphémère savoir à l'attention des générations futures, mais aussi un catalyseur des sentiments, des espoirs et des regrets d'une civilisation figée à jamais dans le passé.

Son travail, récement exposé à la "Galerie 22" de Moscou, se présente dans un subtil mais étouffant jeu lumineux de clairs/obscurs (cf. photo), propice à bousculer notre vision archétypique d'un temps révolu.

lundi 12 juillet 2010

Kurt Cobain numéro 47

Collectif Mandarum, 1999, France
Verre, papier imprimé, eau, acier. 12cm x 30cm

Le Collectif Mandarum, issu de l'école régionale des beaux-arts de Besançon (France) est un rassemblement d'artistes prolifiques, oeuvrant à la "démocratisation de l'art par la désacralisation des artefacts du monde moderne". Cette oeuvre numérotée 47 atteint avec brio le paroxysme d'un illusionnisme burlesque et salvateur.  D'une démarche iconoclaste comme moteur de création, aux antipodes de la vénération des colifichets, c'est ici tout un rapport au temps et à la désillusion de l'existence qui s'exprime. De cette confrontation entre le renouveau suggéré de l'univers aquatique et le macabre naît une pièce inédite et bipolaire qui réussit à ne jamais tomber dans la vulgarité ou une banalité béotienne qui sied souvent aux oeuvres explorant un tel registre.

vendredi 2 juillet 2010

Défense de stationner

Hervé Surin, 2010, Suisse
Contreplaqué, bois. 220cm x 330cm

Par cette oeuvre magistrale et néoclassique, Hervé Surin signe ici, selon ses propres mots, "un hommage brut et affirmé à Fiona Banner" (NDLR: exposant en ce moment "Harrier and Jaguar" à la Tate Britain, Londres). La puissance de la verticalité induit ici une lecture à plusieurs dimensions : tel un échafaudage d'impressions s'unissant dans une force quasi mystique, cette oeuvre nous livre un pamphlet visuel d'une rare pertinence contre les moyens de locomotion modernes, catalyseurs des maux d'une socièté léthargique et repliée sur un confort futile et éphémère. Rarement artiste n'a souhaité définir un territoire aussi radical, où les mots empruntés à notre quotidien, faussement innocents, les textures et les matériaux s'entrechoquent jusqu'à bouleverser et redéfinir avec violence notre relation au réel et à l'automobile.


jeudi 1 juillet 2010

ego light

Cesar Ignacio de la Vierza, 2010, Espagne
Métal, plastique, électricité. 80cm x 90cm

Approfondissant sa série "Proxima de Alpha", de la Vierza aborde ici, avec une puissance de questionnement qui lui est propre, les travers de l'affirmation de l'homme, la représentation trouble de son image. Au delà de la banalisation du mythe de l'ego retrouvé, le refus de l'asservissement et la négation de l'appartenance au carcan sociétal moderne perturbent l'unicité du voyage initiatique. Quid du retour à la source et de sa relativité ? De l'affranchissement à la dualité homme/ego? Une austérité affichée et revendiquée...plus qu'une oeuvre, un réceptacle à émotions...L'exemple parfait de l'osmose entre l'artiste, la pureté de l'oeuvre et son public.

Cesar Ignacio de la Vierza expose à la galerie Vista Maga à Madrid, du 10 juin au 12 septembre 2010 sur le thème "Proxima de Alpha/Me Sera"